Les vastes étendues arides du plateau du Deccan marquent la frontière silencieuse entre le Nord du sous-continent et l'Inde du Sud, destination du voyage, Tamil Nadu, Kerala, Karnataka et Goa. Terre de rizières et de vergers à la luxuriance tropicale, elle est un délice de parfums, de goûts et de couleurs. Elle porte avec fierté la mémoire de la civilisation dravidienne qui lui donna le tamoul, la plus ancienne et la plus prestigieuse de ses langues. Des Pallava, au Ier millénaire, aux Nayaks, à partir du XVIe siècle, les dynasties qui y règnent lui laissent un patrimoine architectural et artistique exceptionnel, dont les gopuram s'élevant vers le ciel et les merveilleuses statues couvrant entièrement ses édifices sont les exemples les plus spectaculaires. On y trouve des temples immenses, vastes comme des cités, et de grands lieux de pèlerinage hindous et jaïns. Les palais y sont nombreux, impressionnants à Vijayanagar, somptueux jusqu'au kitsch à Mysore. Et ses côtes frangées de cocotiers, de Coromandel à Goa et à Malabar, portent l'empreinte et le souvenir parfois un peu nostalgique des aventures coloniales... lire moins
Les vastes étendues arides du plateau du Deccan marquent la frontière silencieuse entre le Nord du sous-continent et l'Inde du Sud, destination du voyage, Tamil Nadu, Kerala, Karnataka et Goa. Terre de rizières et de vergers à la luxuriance tropicale, elle est un délice de parfums, de goûts et de couleurs. Elle porte avec fierté la mémoire de la civilisation dravidienne qui lui donna le tamoul, la plus ancienne et la plus prestigieuse de ses langues. Des Pallava, au Ier millé ... lire plus
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J 1 - Lundi 11 janvier 2027 Paris – Madras
Vol Paris-Madras.
Nuit à Madras.
J 2 - Mardi 12 janvier 2027 Madras – Kanchipuram – Mahabalipuram (145 km)
Madras - rebaptisée Chennai en 1996 et capitale de l'Etat du tamil Nadu - sera notre premier contact avec l'ambiance chaleureuse et trépidante des grandes villes du Sud. L'activité qui y règne est débordante, ses rues sont animées, bruyantes, aussi colorées que les étoffes auxquelles elle a donné son nom.
Le quartier de Mylapore n'était qu'un petit village de pêcheurs lorsqu'au début du XVIe siècle, les Portugais en prirent possession. C'est là qu'un petit sanctuaire abritait la sépulture de l'apôtre saint Thomas qui aurait débarqué sur la côte du Kerala en 52 pour l'évangéliser avant d'être martyrisé. Elle se trouve aujourd'hui à la croisée du transept de la cathédrale consacrée en 1896.
Madras est aussi associée du comptoir fut fondé au XVIIe siècle par la compagnie des Indes orientales avant que les Français et leurs alliés indiens en soient chassés par les Britanniques à la fin du XVIIIe siècle. C'est dans fort Saint-Georges, qui domine le front de mer, que ces derniers installèrent leur quartier général pour toute l'Inde du sud.
Nous prendrons ensuite la route de Kanchipuram, l'une des sept villes sacrées de l'hindouisme. La ville fut la capitale de la dynastie des Pallava qui, à partir du VIIe siècle, inventèrent l'architecture dravidienne qui devint emblématique de l'Inde du Sud jusqu'au XIXe siècle.
Le temple de Kailashanathar, dédié à Shiva, premier sanctuaire construit en pierres dans cette partie de l'Inde est entouré d'un mur d'enceinte orné de 58 niches abritant les figures du panthéon hindou. Les toits en berceau surélevés qui les coiffent sont considérés comme les embryons des gopura, ces portails pyramidaux caractéristiques du style dravidien qui s'élèveront toujours plus haut aux siècles suivants.
D'origine très ancienne - sans doute antérieure aux Pallava - le temple d'l’Ekambareshwara fut entièrement remanié par les rois Vijayanagar au XVIe siècle dans les proportions gigantesques, doté d'ungopura atteignant plus de 58 mètres de haut. Il reçut alors un programme sculpté surabondant tel le bestiaire fantastique du hall aux Mille Piliers. On ne peut qu'être saisi par l'atmosphère intense qui règne au sein du sanctuaire : les fidèles viennent y honorer le lingua, que l'on dit façonné par Parvati elle-même, tandis que dans l'une des cours intérieures, les dévots tournent dans le sens d'une aiguille d'une montre autour d'un grand manguier au pied duquel ils déposent des offrandes.
Route pour Mahabalipuram sur la côte du Coromandel.
Nuit à Mahabalipuram.
J 3 - Mercredi 13 janvier 2027 Mahabalipuram – Pondichéry (100 km)
Le site de Mahabalipuram (Unesco), jadis le port le plus important des royaumes pallavas sur la côte de Coromandel, nous ramènera aux premiers temps de la dynastie. On y trouve en effet d'extraordinaires vestiges de l'art rupestre indien des VIIe et VIIIe siècles antérieurs aux premiers temples construits en pierre : rathas, temples monolithiques en forme de chars taillés chacun dans un bloc de roche massif , mandapas, grottes et pavillons rupestres, reliefs. Le joyau du site est celui de l'Ascèse d’Arjuna, connu sous le nom de la Descente du Gange. Gravé sur la paroi d'une falaise que couronnait un palais royal disparu, il exalte la magnificence royale. Arjuna, héros du Mahabharata, modèle du guerrier et du souverain, y est représenté, félicité pour ses exploits par les hommes, les bêtes et les créatures célestes. La sculpture de Mahabalipuram, caractérisé par la douceur et la souplesse du modelé, a rayonné jusqu'au Cambodge, en Annam et à Java.
Nous gagnerons ensuite Pondichéry, l'un des cinq anciens comptoirs français en Inde. Son souvenir est étroitement lié à celui de Jean-François Dupleix qui fit hisser le drapeau à fleur de lys en 1670 - et dont la statue domine la promenade du bord de mer. Nous flânerons dans la « ville blanche » où le souvenir de la France demeure présent dans le nom des avenues, les monuments aux morts des deux guerres mondiales, les églises de style Louis XVI ou néo-gothiques, le jardin de l'Alliance française... Pondichéry ne se décrit pas mais doit se vivre au milieu des demeures pétries d'un charme désuet, enfouies au fond de délicieux jardins.
Nuit à Pondichéry.
J 4 - Jeudi 14 janvier 2027 Pondichéry – Tanjore (190 km)
Au cours de cette journée, nous attend la dynastie des Cholas. Postérieure aux Pallava, elle régna du IXe au XIIe siècle et fut l'une des plus importantes de l'Inde du Sud, . Habiles administrateurs, les Cholas furent aussi des mécènes et des adeptes de la dévotion à Shiva. Les nombreux temples qu'ils firent élever, dédiés à ce dernier, sont l'expression d'un style dravidien dans la plénitude et sa maturité.
Le temple de Chidambaramvénère Najara, la forme dansante de Shiva, qui crée et détruit alternativement l’univers et dont la statue se dresse au coeur du sanctuaire principal. Partout, les dévots vont, viennent déposant des offrandes de guirlandes, de fleurs et fruits dans des mouvements incessants qui rappellent les 108 mouvements de la danse sacrée du dieu,
Le temple de Gangaikondacholapuram (Unesco) - "la ville du Chola qui apporta l'eau du Gange" - fut construit par le roi Rajendra Chola Ier au début du IXe siècle pour célébrer sa victoire sur les royaumes du Nord. L'eau du Gange qu'il rapporta de son expédition fut versée dans le bassin du grand temple. Comme tous les temples dravidiens, le garbhagra - coeur du temple où réside la divinité principale -, est surmonté d'unvidamana, tour sanctuaire ornée d'une abondance de sculptures, dont la finesse des détails et l'expressivité des personnages font du temple un chef d'oeuvre.
Route ensuite pour Tanjore.
A notre arrivée, nous assisterons à un spectacle de danses Bharata-Natyam, l'une des danses indiennes les plus anciennes et les plus vénérées de l'Inde, originaire du Tamil Nadu.
Nuit à Tanjore.
J 5 - Vendredi 15 janvier 2027 Tanjore – Trichy – Tanjore (120 km)
Tanjore fut d'abord, au IXe siècle, la première capitale des Cholas. Le temple de Brihadishvara (Unesco), dédié à Shiva mais aussi destiné à célébrer la puissance de la dynastie, réunit d'une manière particulièrement aboutie les caractéristiques des temples dravidiens. Coiffé d'un vidamana d'une hauteur remarquable, le temple est conçu selon des règles géométriques inspirées des proportions idéales définies dans les textes sacrés. L'abondance des sculptures témoigne d'un savoir-faire exceptionnel dans l'expressivité et le naturalisme : détails anatomiques, des vêtements et des bijoux, expression des visages et des corps en particulier dans les poses de danse de Shiva et les scènes de bataille...
La bibliothèque Sarasvati Mahal est installée dans l'un des palais édifié par la dynastie Nayak qui, aux XVIe et XVIIe siècles, régna sur une principauté indépendante dont Tanjore fut la capitale. Elle réunit les collections du roi Serfoji II qui fut à la fin du XVIIIe siècle le dernier roi de Tanjore avant que celle-ci passe sous protectorat britannique. Animé d'une grande curiosité intellectuelle, sa riche collection compte aussi bien de magnifiques versions enluminées des grandes épopées indiennes que des ouvrages profanes : traités de botanique et de médecine rédigés par l'institut scientifique que Serfoji II entretenait à sa cour.
Dans la salle des bronzes sont exposées des œuvres remarquables datant pour les plus importantes de la dynastie Chola tels un Shiva représenté en berger s'appuyant sur un Nandi absent et un admirable Bikshatanar, Shiva nu en ascète mendiant.
A quelques kilomètres de Trichy, se trouve l'étonnante cité religieuse de Ranganatha dédiée à Vishnou. Isolée sur une île qu'enserrent deux bras de la rivière Kaveri, plus qu'un simple temple, c'est une ville sacrée entière. Son architecture est spectaculaire : sept enceintes concentriques - prakaras -, 21 gopurams richement sculptés et peints, des milliers de statues représentant des divinités, des animaux et des scènes mythologiques. Lieu de pèlerinage majeur pour les fidèles Vaishnavas du monde entier, il y règne une une atmosphère extraordinaire faite de ferveur religieuse intense, de rituels, de processions mêlant pèlerins, dévots, éléphants sacrés et marchands d'offrandes.
Nuit à Tanjore.
J 6 - Samedi 16 janvier 2027 Tanjore – Madurai (180 km)
Nous prendrons la route de Madurai qui occupe une place toute particulière dans le coeur des Tamouls tant par sa sainteté - elle serait née d'une goutte de nectar tombée de la chevelure de Shiva -, que par son histoire. Elle fut la capitale des Pandyas, première dynastie tamoule dont les origines se perdent dans la nuit des temps et dont il ne reste guère de vestiges. La plupart des édifices de Madurai datent en effet du temps de la dynastie des Nayaks de Madurai, fondée par un vice-roi du royaume de Vijayanagar qui, en 1565, proclama son indépendance.
Le temple de Minakshi," la déesse aux yeux en forme de poisson", bâti au XVIIe siècle, est certainement l'un des plus fascinants de l'Inde. C'est un labyrinthe de galeries obscures, de cours et de chapelles où s'affaire un peuple de prêtres au milieu d'un flux interrompu de fidèles effectuant des rites exigés par leur dévotion personnelle ou les nécessités du jour.
A côté de celui-ci se dresse le temple de Shiva -nommé ici Sundareshwara - que les prêtres conduisent symboliquement tous les soirs auprès de la déesse.
C'est au Pavillon des Huit Déesses que les fidèles viennent acheter leurs offrandes, des fruits surtout. Un peu plus loin, dans le bazar, ils peuvent se procurer des couronnes de mariage tressées ainsi que toutes sortes de marchandises.
Nous ne manquerons pas enfin de découvrir l’étrange palais de Thirumalai Nayak bâti pour le roi éponyme, l'un des souverains les plus prestigieux de la dynastie. Enchevêtrement de cours, de salles, de jardins et de bassins, il mélange avec audace les styles dravidien, islamique et même italien, héritage d'un architecte transalpin recruté pour sa conception...
Nuit à Madurai.
J 7 - Dimanche 17 janvier 2027 Des Ghats occidentaux au Kerala (265 km)
Le départ sera très matinal car une longue mais belle route nous attend. Prenant la direction de l'Ouest et du Kerala, nous franchirons les Ghats occidentaux (Unesco), cette chaîne de montagne qui longe la côte occidentale et fait barrage aux vents de mousson venus de l'Océan indien qui déversent sur le versant Ouest du massif d'abondantes précipitations. Celui-ci est recouvert d'une forêt tropicale aujourd'hui protégée d'une biodiversité exceptionnelle : éléphants, tigres, léopards, lions de montagne ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux et d'amphibiens. Nous ferons une halte à Periyar, un village situé au cœur du parc naturel, connu pour la production de ces épices tant utilisées dans la cuisine indienne : poivre, gingembre et cardamome...
Nous arriverons à la plaine côtière et au village lacustre de Kumarakom, notre destination, situé sur les rives du lac Vembanad, le plus grand du Kerala.
Nuit à Kumarakom.
J 8 - Lundi 18 janvier 2027 Les Backwaters – Cochin
C'est en bateau que nous partirons à la découverte des backwaters, ce réseau de canaux et de rivières alimenté par l'eau des pluies de mousson transportée par les cours d'eau prenant leur source dans les Ghats et qui est un paradis pour les oiseaux migrateurs. Bien que devenue très touristique - avec notamment de nombreux houseboats transformés en hôtels - les backwaters font aussi toujours vivre des communautés villageoises de pêcheurs en particulier sur les rives du lac Vembanad.
Nous prendrons ensuite la direction de Cochin, longeant canaux et rizières, traversant plantations d'hévéas et cocoteraies, villages fleuris d'hibiscus et de bougainvilliers pour arriver, en fin d'après-midi, cette grande ville cosmopolite et portuaire.
A notre arrivée, nous assisterons à une représentation de théâtre kathakali, l'une des formes de théâtre les plus emblématiques de l'Inde originaire du Kerala. Associant danse, mime, musique, chant et théâtre, le kathakali narre des épisodes des grandes épopées hindoues - le Mahabharata, le Ramayana et les Puranas. Les acteurs, aux visages grimés de maquillages spectaculaires, vêtus de costumes monumentaux, s'expriment seulement par le regard et par les gestes, en particulier les positions codifiées des mains, les 24 mudras.
Nuit à Cochin.
J 9 - Mardi 19 janvier 2027 Cochin – Bangalore
Découverte de Cochin - Kochi - melting pot unique et premier port du Kerala.
Le quartier de Fort Kochi, qui occupe l'extrémité nord de la presqu'île de Mattanchery, est le berceau historique de la ville. Nous nous promènerons dans ses ruelles paisibles aux façades anciennes soigneusement restaurées. Sur les quais, les carrelets - vastes filets de pêche en forme d'ombrelles suspendus à un mat - sont tels que les marchands chinois les apportèrent lorsqu'ils s'installèrent au XIVe siècle.
A partir du début du XVe siècle, devenue capitale d'un petit royaume, Cochin connaît deux siècles de gloire grâce au commerce du poivre, l'or noir de l'époque qui attire émissaires et marchands étrangers. Les Portugais seront les premiers à y fonder un comptoir suivis par les Hollandais qui imposent leur domination sur Cochin à partir de la fin du XVIe siècle jusqu'à l'arrivée des Anglais deux siècles plus tard.
Le patrimoine et l'architecture de la vieille ville témoigne de cette histoire coloniale et de ses rebondissements.
L'église Saint-François, d'abord bâtie en bois par les Portugais, fut reconstruite dans sa forme actuelle par les Hollandais au XVIIIe siècle. A la mort de Vasco de Gama, elle avait accueillit sa sépulture avant que sa dépouille soit transportée au Portugal.
Le palais de Mattancherry fut construit par les Portugais qui l'offrirent aux rajas de Cochin avant que les Hollandais en fassent la résidence de leur Gouverneur.
Au coeur de l'ancien quartier des entrepôts à poivre se niche la synagogue Pardesi, témoin de l'existence à Cochin d'une communauté juive, sans doute depuis le Xe siècle, placée sous la protection des rajas hindous.
Les maisons coloniales subsistant, vieilles pour certaines de plus de 400 ans, marient leurs architectures européennes aux vérandas et aux balcons d'inspiration indienne, refuge de fraicheur pour les soirées de la saison chaude.
Dans l'après-midi, vol pour Bangalore, capitale de l'Etat du Karnakata.
Nuit à Bangalore.
J 10 - Mercredi 20 janvier 2027 Bangalore – Mysore (140 km)
En début de matinée, nous prendrons la route de Mysore qui donna son nom au royaume éponyme fondé à la fin du XIVe siècle. Avant d'entrer dans la ville, nous ferons halte à Srirangapatna qui fut sa capitale au XVIIIe siècle sous le règne de Tipu Sultan, le "Tigre de Mysore". Aidé par la Compagnie française des Indes orientales, il qui porta le royaume au sommet de sa puissance.
Nous découvrirons son Palais d'été , gracieux pavillon en bois de teck planté au milieu d'un vaste jardin. Sous le portique, des panneaux peints célèbrent les victoires de son père, Hyser Ali, allié aux Français contre les Anglais.
C'est de la forteresse dominant la ville que Tipu Sultan et son armée défièrent la puissance britannique au cours de quatre guerres. Si les deux premières furent victorieuses, la troisième et la quatrième se soldèrent par des défaites. En 1799, les forces britanniques s'emparèrent de la ville et tuèrent Tipu Sultan.
L'histoire de Mysore est intimement liée à celle des relations qu'entretint le royaume après cette défaite. La ville redevient la capitale du royaume mais les rois qui s'y succèdent sont désormais contrôlés par un résident britannique. Le somptueux Palais des Maharadjas, bâti à la fin du XIXe siècle, témoigne des fastes et du luxe éblouissants dont ils s'entourent alors - comme la plupart des souverains de l'Inde - et dont on peut penser qu'ils avaient partie pour objet de tenter de dissimuler la disparition de leur pouvoir réel...
Nous conclurons notre après-midi en nous rendant sur la colline de Chamundi d'où l'on a un panorama splendide sur la ville et qui constitue le lieu d'excursion et de pique-nique favori des habitants.
Nuit à Mysore.
J 11 - Jeudi 21 janvier 2027 Somnathpur – Sravanabelgola – Hassan (210 km)
Nous prendrons la direction du coeur du Karnataka.
Sur notre route, le temple de Somnathpur élevé au temps du royaume des Hoysala dont les souverains couvrirent le Karnataka de temples entre le XIe et le XIIIe siècle. Comme tous les sanctuaires construits sous leurs règnes, il est construit selon un plan en étoile et hissé sur un haut podium afin de multiplier autant qu'il est possible les surfaces sculptées. Chevaux, éléphants, cygnes, animaux fantastiques, danseuses, guerriers, scènes épiques, figures de divinités... Les innombrables figures et motifs sculptés évoquent par leur minutie le travail de l'ambre ou de l'ivoire alors florissant dans le royaume.
Nous gagnerons ensuiteSravanabelgola où, sur une colline dominant le lac Blanc (Belgola), se dresse l'un des lieux de pèlerinage les plus importants du jaïnisme. Né dans le Nord de l'Inde aux IVe et IIIe siècles avant notre ère, ce dernier s'étendit vers le Sud lors d'une grande migration dont la destination légendaire aurait été la colline de Sravanabelgola. C'est là que Gomateshwara, le fils du premier Thirthankaras - les 24 guides spirituels fondateurs de la religion jaïn - se serait en effet arrêté pour méditer. Nous gravirons les marches conduisant à sa statue dont le visage exprime le dédain pour la vanité du monde. Les pèlerins viennent lui faire leurs offrandes - fruits, fleurs et encens -, chantant des hymnes et récitant des prières, dans une atmosphère de recueillement silencieux.
Nuit à Hassan.
J 12 - Vendredi 22 janvier 2027 Belur – Halebid – Hospet (330 km)
Nous gagnerons Belur qui fut l'une des capitales des Hoysala. Au XIIe siècle, ils y firent firent construire le temple Chennakeshava - une incarnation de Vishnu -, après l'une de leurs victoires contre les Cholas. Le sanctuaire principal, qui possède toutes les caractéristiques de l'architecture hoysala, est réputé pour ses sculptures de Madanikas, jeunes femmes d'une très grande beauté représentées dans des gestes et attitudes tous différents. L'une danse ou jouent d'un instrument de musique, l'autre se coiffe ou se contemple dans un miroir ou encore confie ses secrets amoureux à son perroquet...
A Halebid, qui la première capitale du royaume, le temple d’Hoysaleshwara est un autre exemple de l'art sculptural hoyala à son apogée. On est saisit par l'extraordinaire variété des représentations et des motifs qui semblent couvrir chaque centimètre carré de l'édifice et qu'un célèbre historien et archéologue indien a comparé à "un manuel d'iconographie hindoue".
Nuit à Hospet.
J 13 - Samedi 23 janvier 2027 Hampi – Hospet
Sous le nom local de Hampi se dissimule le site de Vijayanagar, capitale du dernier grand empire qu'ait connu l'Inde médiévale et auquel appartint le plus grande partie de l'Inde du Sud, qui parvint à soumettre la plupart des royaumes hindous dont celui des Hoysala. Fondée vers le milieu du XIVe siècle, la ville est à la mesure de leur puissance : temples immenses destinés à la célébration de la gloire des rois plus qu'à la méditation, larges avenues bordées d'échoppes, immenses palais et places publiques.
Le temple de Virupaksha, où les rois plaçaient leur pouvoir sous la protection de Shiva, est le coeur de la ville sacrée qui compte près de 350 lieux de culte. Sa structure est caractéristique des grands sanctuaires de Vijayanagar : longue allée processionnelle où les idoles, juchées sur des chars de cérémonie, étaient exhibées à la foule lors des fêtes, terrasses permettant aux spectateurs de suivre les processions et temple principal, enfermé dans des enceintes aux hauts gopura, empruntés à l'architecture tamoule, et entouré d'un déambulatoire.
La ville royale raconte les fastes inouïs de Vijayanagar : étables des éléphants ressemblant à un palais princier, harem au délicat pavillon où les concubines venaient profiter de la fraicheur du soir, bain de la reine aux balcons et encorbellements délicatement ouvragés. Du haut de la terrasse colossale du Mahanavami Dibba, le nouveau souverain recevait le sceptre royal à la vue de tout le peuple puis, entouré de sa cour, assistait aux parades et cérémonies officielles.
Nuit à Hospet.
J 14 - Dimanche 24 janvier 2027 Aihole – Pattadakal – Badami – Hubli (250 km)
Entre Hampi et Goa , nous partirons à la rencontre du royaume des Chalukyas, qui régnèrent entre les VIIe et les VIIIe siècle sur une grande partie du sous-continent. Contemporains et rivaux des Pallava, ils furent tous deux à l'origine des premiers temples maçonnés de l'Inde. Maîtres d'une grande partie du Deccan, c'est sous leur règne que se développèrent les deux grands styles de l'architecture indienne : le style du Nord appelé nagara et le style dravidien.
Dans la petite bourgade d'Aihole, derrière un corset de murailles, se cachent les vestiges de l'une de leurs plus anciennes capitales, dont ceux d'une cinquantaine de temples. Le temple de Durga, de la seconde moitié du VIIe siècl. les reliefs des divinités - Shiva et son taureau Nandi, Vishnou, Vahara, Durga et Harihara - comptent sans doute parmi les plus belles oeuvres de la période chalukya.
Pattadakal est une petite cité religieuse endormie au bord d'une rivière. Ses temples brahmaniques réalisent une synthèse entre l'architecture chalukya et l'art des Pallava de Kanchipuram que nous connaissons bien. Deux temples retiendront particulièrement notre attention.
Celui de Virupaksha est daté de 740. Après avoir salué un puissant taureau Nandi, monture de Shiva, on retrouve le dieu principal statufié sous ses multiples formes.
Le temple de Mallikarjuna est typiquement dravidien, avec son plan cruciforme obtenu par l'adjonction de porches sur les côtés.
Nous gagnerons ensuite Badami, située au bord d'un petit lac, qui fut la capitale des Chalukya du milieu du VIe au milieu du VIIIe siècle. Elle est célèbre pour ses grottes creusées dans la falaises de grès rouge qui domine la ville. Exemple précoce d'architecture rupestre indienne, les grottes de Badami ont inspiré les temples ultérieurs de Chalukyas, notamment à Aihole. Les grottes principales sont ornées de sculptures représentant Vishnu sous ses avatars, des scènes du Ramayana et du Mahabharata.
Nuit à Hubli.
J 15 - Lundi 25 janvier 2027 Hubli – Goa (170 km)
Ce sera une journée de transition avant d'aborder la dernière ligne droite de notre voyage.
Une longue matinée sera nécessaire pour rejoindre la côte et la ville de Goa. Elle s'effectuera en partie sur le plateau du Deccan dont nous découvrirons les paysages au fil des kilomètres. Ce socle d'érosion, aux reliefs souvent tourmentés, d'une altitude moyenne de 500m, est fertile partout où l'irrigation est possible. Il produit du coton, des oléagineux, du millet...
Nous descendrons du plateau en traversant les ghats occidentaux et leur végétation luxuriante, pour atteindre Goa aux longues plages de sable léchées par les eaux de la mer d'Oman.
Nuit à Goa.
J 16 - Mardi 26 janvier 2027 Goa
Goa est l'un des témoins de la course aux épices, née quand les caraques portugaises emboitèrent le pas à Vasco de Gama qui défricha la route maritime en contournant pour la première fois le Cap de Bonne-Espérance en 1498. Le véritable fondateur de la colonie portugaise fut Albuquerque, autre géant de l'épopée lusitanienne. Goa fut sans rivale pendant un siècle, jusqu'à ce que d'autres pays européens ne remettent en cause sa suprématie.
Velha Goa correspond à la ville coloniale portugaise. Elle compta jusqu'à 200 000 habitants au temps de sa splendeur. Il en reste maints témoignages, à commencer par les églises. Cette cité morte au décor romantique permet d'imaginer la ville que Camoens, dans ses Lusiades, appelle la reine de l'Orient.
La basilique du Bom Jésus (Unesco) cache derrière une façade manuéline un intérieur d'un baroque. Elle abrite le tombeau de Saint-François Xavier, offert par le Grand-Duc de Toscane.
Le couvent Saint-François d'Assise (Unesco) est le plus bel exemple de cet art indo-lusitanien si particulier avec son retable doré et ses décorations somptueuses. Dans le couvent adjacent, nous découvrirons le Musée archéologique qui présente une riche collection d'objets - sculptures, peintures, statues de saints...- datant de l'époque portugaise et aussi des artefacts des périodes hindoues et musulmane de Goa.
Goa Panaji est la nouvelle Goa, la ville coloniale du XIXe siècle. Elle dissimule son architecture dans un joyeux désordre de jardins fleuris.
En fin d'après-midi, nous gagnerons l'aéroport pour nous envoler vers Bombay, ultime étape de notre périple indien.
Nuit à Bombay.
J 17 - Mercredi 27 janvier 2027 Bombay
Là voilà donc la métropole la plus cosmopolite de l'Inde, avec ses populations mélangées venues de tout le pays et bien au-delà, ses religions variées. La voilà, toute en contraste entre ses quartiers pauvres et la réussite insolente de ses businessmen. Bombay fut et reste toujours pour beaucoup la Porte de l'Inde.
L'histoire et l'art anciens, c'est au large de la ville qu'il nous faudra aller le chercher. Un court trajet en bateau mène jusqu'à l'île d'Elephanta, vert mamelon posé sur les eaux de la mer d'Oman (en période de mousson, cette excursion est parfois impossible).
La Cité des Grottes est un haut-lieu de la spiritualité shivaïque, où le dieu aux trois visages apparaît dans toute sa majesté. La grotte principale fut sans doute aménagée au VIIe siècle. Ses parois sont ornées de nombreux reliefs d'une variété de composition étonnante. Tous sont cependant éclipsés par le Shiva tricéphal. En trois visages sont symbolisées les trois fonctions du dieu : création, conservation et destruction du monde. Shiva transcendant, conservateur, nous fait face, absorbé dans une réflexion digne du Bouddha. A sa gauche, le "Terrible", paré de symboles de mort et à sa droite le créateur, aux traits féminins. André Malraux a dit que l'on était là en présence de la "Seule tête, peut-être, digne de s'appeler Inde".
De retour en ville, le musée du Prince de Galles nous permettra de synthétiser tout ce qui nous été donné de découvrir, grâce notamment à ses très belles sculptures provenant des sites du Deccan que nous avons visités.
Il nous restera encore à apprécier la courbe élégante de Marine Drive, bordant le rivage d'une des plus belles baies du monde, fermée vers le nord par la colline de Malabar Hill.
Après le dîner, nous gagnerons l'aéroport pour nous envoler vers Paris.
Nuit en vol.
J 18 - Jeudi 28 janvier 2027 Bombay – Paris
Arrivée à Paris.
Les informations prévisionnelles concernant le programme, les hôtels ou bateaux, les horaires de transport et le nom de votre conférencier vous sont données ici à titre indicatif et sont valables au 10/10/2026. Les précisions définitives vous seront communiquées au moment de la confirmation du rendez-vous de départ.